Le maïs
Cette céréale a deux défauts :
- sa pauvreté en deux acides aminés essentiels : la
lysine et le tryptophane ;
- une substance résistante aux sucs digestifs et qui bloque
l’action de l’acide nicotinique (niacine, vitamine B3 ou
PP).
La conjonction de ces deux déficits fut la cause de la pellagre,
horrible maladie de peau, qui, dans le passé, a exercé des
ravages sur les populations qui se nourrissaient presque exclusivement
de maïs.
Cette maladie n’a pas existé au Mexique car les Aztèques
cuisaient le maïs avec de la chaux, ce qui permettait à l’acide
nicotinique de se libérer et d’être utilisé.
Cortès avait rapporté les semences du maïs mais pas le bon
mode d’emploi pour sa cuisson.
Les déficits en acides aminés essentiels sont sans importance
puisque le maïs est toujours consommé au cours d’un
repas où se trouvent viande ou poisson ou laitages qui en sont
riches. D’autre part, la niacine est très répandue
dans l’alimentation.
Actuellement, cette céréale agite fortement les esprits à cause
des modifications génétiques qui lui ont été apportées
et elle est au coeur du débat sur les Organismes Génétiquement
Modifiés (OGM).
Faut-il soigneusement éviter le « maïs transgénique » ?
C’est une affaire de choix personnel.
Les défenseurs des OGM soutiennent qu’il est sans danger
pour l’être humain puisque celui-ci absorbe, depuis toujours,
des gènes qui lui sont étrangers dès qu’il
n’est plus nourri par le lait de sa mère. Les plantes et
les animaux qui composent son alimentation ont des gènes différents
des siens.
Les adversaires des OGM, en dehors du contexte (très important)
de la bataille économique et de celle de l’environnement,
estiment que l’on joue là à l’apprenti sorcier
puisque nul ne sait encore le devenir et les répercussions des
gènes introduits dans ces plantes.
On peut fort bien se passer du maïs en grains qui n’est pas
un aliment essentiel. Il est plus difficile d’échapper aux
produits dérivés, très présents dans les
fabrications de l’industrie agro-alimentaire.